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Double diplôme franco-allemand ENSGSI–RPTU : 28 ans d’engagement au service de l’Europe

International

À l’occasion du renouvellement pour quatre ans de l’accréditation du double diplôme franco-allemand ENSGSI–RPTU par l’Université Franco-Allemande (UFA), Olivier Potier revient sur l’histoire de ce programme d’exception qu’il accompagne depuis sa création en 1998. Entre convictions européennes, coopération universitaire, défis relevés et réussite des diplômés, il retrace l’aventure d’un cursus qui a formé plusieurs générations d’ingénieurs capables d’évoluer dans des environnements internationaux et interculturels. Une formation devenue, au fil des années, l’une des composantes emblématiques de l’ADN de l’ENSGSI.

Vous êtes impliqué dans ce double diplôme depuis sa création en 1998 : comment est née cette aventure franco-allemande à l’ENSGSI ?

A l’origine ce sont les enseignants allemands de l’Université de Kaiserslautern après leur visite de notre école et de l’INPL (notre ancienne université) qui m’ont fait la proposition de création d’un double-diplôme. Ça m’a semblé tout de suite très intéressant et motivant et correspondant à mes convictions franco-allemandes et européennes. Très rapidement nous avons créé une équipe universitaire franco-allemande, qui je pense a vite été d’une très grande efficacité.

Olivier POTIER

Quels souvenirs gardez-vous de ces premiers moments ? Était-ce un pari audacieux à l’époque ?

« Très bons souvenirs. Beaucoup d’allemands très accueillants. Je pense que la qualité des relations humaines que nous avons eues m’a poussé à donner le meilleur de moi-même dans la création du double-diplôme.

Et oui, c’était audacieux, mais ça me paraissait nécessaire. Nécessaire pour nos étudiants, nécessaire pour l’ENSGSI, nécessaire pour les relations franco-allemandes et pour participer à la construction européenne d’un point de vue humain et économique. Dans ces cas-là il faut être entreprenant, voir au-delà de ce qui fait notre vie de chaque jour et accepter une part de non-conformisme pour faire bouger les frontières tout en s’adaptant aux réalités du terrain. »

Comment le programme a-t-il évolué depuis sa création, tant sur le plan pédagogique que dans son organisation ?

« Des changements de deux ordres : d’une part les évolutions des enseignements amenés par l’évolution des connaissances, des techniques et des besoins de la société et des sociétés, et d’autre part les évolutions amenées par des changements structurels en Allemagne comme le passage au LMD (Licence – Master – Doctorat), qui nous ont conduits des changements dans l’ordre des séjours en France et en Allemagne. »

Quels ont été les principaux défis rencontrés pour faire vivre ce double diplôme sur plus de 25 ans ?

« Lutter contre la complexité administrative et la non-compréhension du système de l’autre et ceci des deux côtés de la frontière. Lutter contre l’indifférence de certains. Convaincre (voire lutter contre) ceux qui pensent que c’est forcément moins bien à l’étranger. Et lutter contre certaines personnes heureusement très peu nombreuses, qui cherchaient à faire échouer le double-diplôme.

Autrement dit, une entreprise comme celle-ci a pu réussir grâce à la motivation, l’énergie et l’amitié de cette équipe universitaire franco-allemande. Et maintenant elle tient par l’amitié avec les Alumni. »

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la singularité de ce parcours par rapport à d’autres formations internationales ?

« Je dirai en premier le lien très fort entre les anciens, mais aussi ce profil d’ingénieur franco-allemand. Car on a beau dire, les ingénieurs dans les écoles françaises et les universités allemandes ne sont pas formés de la même manière. Le double diplôme d’ingénieur franco-allemand a cette force d’associer les deux profils et renforce le profil de chaque pays. »

Comment s’organise concrètement la coopération avec l’université partenaire allemande ?

« Trois semestres à l’ENSGSI, deux semestres à l’université de Kaiserslautern et un semestre en entreprise  dans un pays germanophone pour les élèves originaires de l’ENSGSI et dans un pays francophone pour les élèves issus de l’université de Kaiserslautern. Il faut bien réaliser que quelle que soit l’origine des étudiants, dès qu’ils sont engagés dans le double-diplôme ils sont étudiants de l’ENSGSI (Université de Lorraine), étudiants de Kaiserslautern (RPTU) et de l’Université Franco-allemande (UFA). »

Qu’apporte concrètement ce double diplôme aux étudiants, au-delà de l’obtention de deux diplômes ?

« Ça touche à la vie personnelle et professionnelle. Cela apporte des amis, et a même conduit à des mariages et des enfants. Cela apporte une carrière internationale, un réseau d’amis et d’Alumni dans des entreprises très variées, une compréhension des systèmes français, allemand et internationaux, une compréhension du point de vue interculturel une façon de voir les choses de manière affutée.

Cette immersion franco-allemande enrichit leur profil d’ingénieur et personnel. »

Quels types de carrières observez-vous chez les diplômés issus de ce parcours ?

« D’une manière générale, ils accèdent rapidement à des postes à responsabilités importantes. Au début c’est souvent une carrière en France et en Allemagne, mais très vite ceux qui le souhaitent ont une carrière internationale en Europe et au-delà (Amérique du Nord et Asie, mais aussi Australie et Amérique du Sud). »

L’ENSGSI vient d’obtenir le renouvellement de l’habilitation pour 4 ans : qu’est-ce que cela représente pour vous personnellement ?

« C’est le fruit d’un travail important. C’est beaucoup de joie de voir perdurer ce beau projet. »

En quoi cette labellisation est-elle stratégique pour l’école ?

« C’est le plus haut label franco-allemand. Cela montre la qualité de notre formation aux futurs étudiants, aux entreprises et aux institutions françaises, allemandes et internationales. »

Quels critères ou exigences sont particulièrement importants dans cette reconnaissance ?

« Ils sont nombreux. Parmi eux on peut citer : la qualité des enseignements, l’équilibre et la complémentarité entre les enseignements faits en France et en Allemagne, l’accompagnement des étudiants, le placement des diplômés, les carrières des Alumni, etc. »

Ce renouvellement est-il aussi une validation du modèle pédagogique développé depuis 1998 ?

« Oui c’est une validation du modèle pédagogique développé en 1998, et c’est aussi une validation de son adaptation à l’évolution des besoins de la société.

La validation du modèle pédagogique vient aussi du nombre d’Alumni, qui est très grand pour une formation d’ingénieur franco-allemand, et de leurs belles carrières. »

Quel message adresseriez-vous à un étudiant qui hésite à candidater à ce parcours ?

« C’est un parcours exigeant, mais qui ouvre sur de belles carrières intéressantes, variées et très enrichissantes. Engagez-vous ! »

Si vous deviez résumer en une phrase ce que représente ce double diplôme pour l’ENSGSI, que diriez-vous ?

« C’est une filière importante de l’ENSGSI, c’est dans son ADN. »


L’ENSGSI présente à l’Assemblée générale de l’Université Franco-Allemande

Participants à l'Assemblée générale de l'Université Franco-Allemande (UFA) réunis à Aix-Marseille Université en mai 2026.
Christelle Losa, chargée des coopérations internationales à l’ENSGSI, a participé à l’Assemblée générale de l’Université Franco-Allemande les 28 et 29 mai 2026 à Aix-Marseille Université.

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